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L’arrivée du Coronavirus en France concerne au premier plan les professionnelles de l’esthétique, en raison de la proximité avec la clientèle qu’impliquent les prestations d’épilation, de beauté et de bien-être. Alors que le nombre de malades augmente, l’épidémie de la peur gagne aussi du terrain sous l’effet « loupe » de l’information continue et des rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux. Avec le début de la saison qui arrive, les professionnelles s’inquiètent. Comment s’adapter au Coronavirus dans les instituts ? Faut-il adopter des mesure(s) pour sécuriser votre pratique professionnelle et rassurer les clientes ? Comment protéger vos salarié(e)s ? Quelles sont vos obligations en tant qu’employeur ? De quelles mesures d’aide pouvez-vous bénéficier si votre activité est impactée à la baisse ?

Deux modes de contamination

La propagation du Coronavirus est réputée se faire soit par voie aéroportée (inhalation de fluides transportés dans l’air par éternuements et toux), soit par contact direct avec des surfaces infectées. Les scientifiques débattent sur la durée de vie du Coronavirus sur les objets, qui serait de quelques heures à quelques jours. A l’institut, les points de vulnérabilité à la transmission concernent le local (poignées de porte, mobilier, zones d’encaissement, monnaie…)  et le matériel professionnel (appareils esthétiques, petit outillage, douches, spa…). La difficulté posée par le Coronavirus est que la période contagieuse, estimée à 14 jours, commence bien avant l’apparition des symptômes, ce qui justifie les mesures de confinement imposées dans certaines parties du monde et la prévention renforcée dans toutes les zones où se côtoie du public, comme les instituts de beauté.

Comment se protéger face au Coronavirus ?

Les professionnelles de l’esthétique sont déjà supposées observer des règles d’hygiène strictes au quotidien : désinfection des outils réutilisés, emploi de nombreux accessoires à usage unique, de draps d’examen, de masques et de gants de protection pour certaines prestations (épilation des zones intimes, stylisme ongulaire, pigmentation, etc), lavage des mains avant chaque soin. Il va de soi qu’en période d’épidémie, ces consignes doivent être appliquées à la lettre, et de préférence devant les clientes. D’ailleurs, afficher votre politique d’hygiène peut rassurer, notamment pour ce qui concerne le protocole de désinfection des appareils et ustensiles non jetables en contact avec la peau.

Quels produits employer ? Faut-il changer vos habitudes ? Dans la mesure du possible, il est recommandé d’utiliser du matériel à usage unique et des produits en unidose dès que cela est possible. Pour ce qui concerne le nettoyage des surfaces, attention aux étiquettes : si « désinfectant » désigne un produit capable de neutraliser des micro organismes et bactéries, il n’en est pas pour autant actif sur les virus. Au vu des consignes actuellement diffusées par les autorités sanitaires, investir dans des produits chers semble cependant inutile. En ce qui concerne les mains, le Coronavirus Covid-19 auquel nous faisons face est détruit par nettoyage simple et régulier au savon ordinaire (sous réserve de se frotter les mains au minimum 20 secondes) et par les gels hydroalcooliques classiques à 60 % de concentration minimum en alcool (utiles en appoint dans certains endroits non équipés en points d’eau et pour les professionnelles qui se déplacent à domicile). Pour vos ustensiles, sachez que le Covid-19 est également détruit par les UV de votre appareil de stérilisation. Enfin, pour ce qui concerne les surfaces (sols, mobilier etc), vous pourrez utiliser de l’eau javellisée ou des produits s’affichant actifs sur les virus et respectant la norme française NFT72-180.

Protection des salarié(e)s, quelles obligations en institut ?

Rappelons qu’en matière de santé, l’employeur garde une responsabilité à l’égard de ses salariés (art. L4121 du Code du Travail). Aussi, il vous incombe de donner des consignes sur la conduite à tenir à l’institut, en particulier si vous employez de jeunes apprenties qui n’ont pas encore tous les réflexes de la profession. « Si l’employeur ne fait rien, qu’ensuite un salarié contracte la maladie et qu’on a la preuve de la contamination sur le lieu de travail, l’employeur aura commis une faute » prévient Maitre Rocheblave, cité par le Dauphiné Libéré. Il est donc important de communiquer à vos salariées les mesures de prévention et les nouvelles obligations que vous mettez en place, telles que :

  • mise à disposition de savon liquide et/ou de gels hydroalcooliques (à défaut de point d’eau) dans toutes les cabines et sur le comptoir
  • mise à disposition de serviettes jetables individuelles pour s’essuyer les mains après lavage (les virus adorent l’humidité)
  • obligation de nettoyage des surfaces partagées (téléphone, clavier d’ordinateur, caisse, comptoir etc) : fréquence à définir
  • rappel des protocoles d’hygiène en cabine et lors des soins
  • mise en place de nouvelles obligations (utiliser un gel hydroalcoolique avant d’utiliser la caisse ou le téléphone par exemple)
  • renforcement des procédures d’entretien du magasin, mise en place d’un suivi (feuille d’émargement)
  • mise à disposition de masques de protection de type FFP2 en cas de besoin (par exemple, exposition à un(e) client(e) qui tousse lors d’une pose d’ongles)

Afin de vous prémunir de tout défaut d’information, il est conseillé d’afficher une note en salle de pause que devront signer toutes les salariées.

Bon à savoir : A compter de février, les salariées auront droit à un congé 100 % indemnisé par la CPAM et par l’entreprise (pour le complément de salaire), sans jour de carence, en cas d’arrêt de travail dû à une obligation de confinement (quarantaine médicale, enfant confiné ou malade). Attention, seul un médecin de l’ARS peut délivrer l’arrêt de travail concerné.

Dispositifs en cas de baisse d’activité

Face au risque que fait peser le Coronavirus sur l’activité de certains secteurs, le gouvernement a adopté fin février des mesures d’aide aux entreprises :

  • recours possible au chômage partiel en cas de baisse de chiffre d’affaires
  • étalement des charges fiscales et sociales

Les professionnelles de l’esthétique qui exercent en micro entreprise dans des zones impactées par le virus pourront aussi demander une réévaluation des charges à la baisse et faire appel au Fonds d’Aide Sociale.

Restons (raisonnablement) optimistes…

L’inflation d’informations anxiogènes en continu, la surenchère sur les réseaux sociaux et la mondialisation croissante du Coronavirus frappent obligatoirement les esprits, tout comme les mesures de confinement ou l’annulation exceptionnelle de salons, spectacles ou rencontres sportives dans plusieurs pays. Cependant, les beaux jours arrivant, le Coronavirus devrait naturellement refluer avec les premières chaleurs, tout comme la grippe. Et la recherche mondiale planche sur un vaccin qui serait disponible en 2021 et dont l’un est déjà à l’essai.

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