assurance beauté

Quelle assurance souscrire pour votre institut de beauté ? Accident corporel subi par un salarié, sinistre dans votre local professionnel, blessures à la clientèle, perte d’exploitation… La liste des dommages potentiels à assumer par un institut de beauté dans le cadre de son activité est longue ! D’autant plus qu’aux risques liés au métier ou au local s’ajoutent également les risques encourus par le chef d’entreprise et employeur qui engage sa responsabilité commerciale, fiscale et sociale. Une épée de Damoclès toujours prête à s’abattre au premier contrôle inopiné… Si bien que la gérante d’un institut doit en fait se préparer à affronter de multiples situations susceptibles d’engendrer des conséquences financières imprévues et désastreuses. Quels sont les principaux risques auxquels une professionnelle du bien-être et de la beauté peut être confrontée ?  Comment faire en sorte d’être bien couverte dans toutes les situations ? Quelques réponses dans cet article.

Les risques liés à votre activité esthétique

Par risques « professionnels », on entend les risques liés à la pratique de votre métier. Ces risques sont de deux sortes :

  • dommages aux personnes
  • dommages matériels : sur votre fonds de commerce, votre local et son équipement

Au niveau de l’assurance, les dommages à autrui sont couverts par l’assurance civile professionnelle, tandis que les dommages matériels sont garantis par l’assurance multirisques professionnels. En schématisant un peu, l’une gère les sinistres causés (par le personnel de l’institut) tandis que la seconde garantit les sinistres subis (par l’institut).

Les dommages aux personnes

La gérante est responsable des dommages causés à autrui dans le cadre professionnel, qu’elle soit directement impliquée ou non (dommages occasionnés par une salariée ou par l’installation). Toute personne de passage à l’institut est concernée : simple visiteur, salarié(e), clientèle, fournisseur… Cette responsabilité sera engagée dans tous les cas :

  • dommages causés par un accident qui survient dans le local professionnel (chute d’objet, choc électrique, glissade accidentelle…)
  • dommages causés par une salariée ou une gérante dans le cadre de son travail
  • dommages causés par des produits

Ces dommages peuvent être très variés : une réaction à un enveloppement corps ou à une colle d’ongles, une brûlure lors d’un soin de micro-dermabrasion, mais aussi un bras cassé en glissant au sortir du hammam… Dans un institut, le risque professionnel le plus grave est lié au modelage, avec l’éventualité de déplacement osseux pouvant entrainer des frais de santé conséquent, voire un handicap permanent. De tels accidents dans la pratique de votre activité, s’ils sont heureusement rares, peuvent générer des coûts potentiels qui se chiffrent en milliers, voire en dizaine de milliers d’euros… Un coût que ne peut bien sûr pas endosser une micro entreprise comme un institut. C’est pourquoi, même si souscrire une assurance en « responsabilité civile exploitation » n’est pas imposé par la loi, elle constitue dans les faits une obligation pour les professionnelles de l’esthétique. Cette garantie est souvent prévue par les contrats dits « multirisques professionnels« , qui couvre aussi  les risques de sinistres dans votre local.

Les sinistres matériels

Un institut de beauté peut être victime de différents sinistres : dégât des eaux, incendie, vol, vandalisme, bris de vitrine… Ces sinistres sont susceptibles d’entrainer différents coûts :

  • coûts de remise en état du local (travaux, éléments de décoration à remplacer)
  • coûts de remplacement du matériel professionnel détérioré
  • perte de stock (produits de revente et fourniture volés ou inutilisables)
  • perte d’exploitation

Un sinistre peut occasionner un arrêt d’activité. Si la remise en état du commerce est possible, l’institut devra faire face, en attendant la réouverture, aux conséquences du sinistre sur le compte d’exploitation : manque à gagner sur le chiffre d’affaires et charges fixes à payer (salaires, loyer…). C’est ce qu’on appelle « la perte d’exploitation ». Dans ce cas, la prise en charge par l’assurance multirisques peut éviter la faillite, la trésorerie d’un institut ne permettant généralement pas de faire face à une période d’inactivité forcée. Cette garantie peut également assurer le paiement des intérêts d’emprunt si un crédit est en cours, ou le maintien de la rémunération de la gérante. Enfin, si la remise en état s’avère impossible, la cessation d’activité est définitive. Dans ce cas particulièrement catastrophique, seule une assurance contre la perte du fonds de commerce peut permettre à la propriétaire de l’institut d’être indemnisée. Une aide également indispensable pour solder un emprunt, en particulier s’il reste plusieurs années de remboursement… En effet, les assurances accolées aux crédits prévoient l’incapacité du chef d’entreprise, mais jamais la cessation d’activité !

Bon à savoir : toutes les assurances aux dégâts matériels ne comportent pas l’assurance de la perte d’exploitation ou du fonds de commerce. Un point important à vérifier avec votre compagnie.

Il convient enfin de se préoccuper du sort du matériel en location qui peut disparaitre ou être endommagé à l’occasion d’un sinistre. Qu’adviendra -t-il, par exemple, si une simple fuite d’eau en cabine endommage l’appareil de minceur dernier cri que l’institut a pris en location ? S’il reste la propriété du fournisseur, la responsabilité de sa garde est transférée par contrat à l’institut. Or, ces appareils sont souvent d’un coût de remplacement très élevé. Parfois, le contrat de location prévoit une garantie contre les sinistres éventuels que peut subir l’équipement. Dans ce cas, l’assurance est englobée dans la mensualité de location. A défaut, il convient de déclarer la location du matériel à sa compagnie d’assurance. Un avenant à la multirisque professionnelle viendra étendre les garanties à l’appareil, souvent sans aucun surcoût !

Les procédures

La multiplication actuelle des procédures judiciaires incite tout chef d’entreprise à prendre des garanties. De même que pour les sinistres matériels, les dommages liés aux procédures entrainent deux risques distincts pour un institut de beauté :

  • les frais de justice à supporter (avocats, expert, huissiers…)
  • les dépenses liées à d’éventuelles décisions de justice défavorables (dommages intérêts notamment)

Le risque de procédure n’entre presque jamais dans les garanties de base d’un contrat multirisques professionnels. Pourtant, la gérante d’un institut peut être amenée à gérer différents litiges potentiellement très coûteux : avec ses salariées, ses fournisseurs, ou ses clients. Sans parler des litiges avec l’administration (service des impôts, URSSAF, RSI etc). Dans tous ces cas, c’est une assurance en protection juridique qui peut garantir le risque, en fournissant :

  • un conseil juridique personnalisé
  • un accompagnement dans des démarches amiables pour régler le litige
  • une prise en charge des frais judiciaires en cas de procédure
  • un règlement des éventuels dommages-intérêts à payer

La protection juridique ne sert pas uniquement à « réparer » mais peut constituer une assurance contre ces fameuses erreurs qui peuvent coûter très cher à l’institut de beauté. Par exemple, en matière de droit du travail. Mais cette assurance peut également épauler la gérante en cas de conflit avec un fournisseur ou une cliente, notamment pour trouver une solution amiable à son avantage. Ainsi, certaines polices comprennent une hotline d’experts que la gérante peut consulter avant de prendre une décision ou d’engager une démarche. Ceux-ci peuvent aussi vérifier la légalité de documents comme des contrats ou des courriers officiels, voire fournir des modèles à utiliser. Compte tenu de la multiplication des procédures et de la complexité croissante des obligations légales, il s’avère de plus en plus difficile au chef d’entreprise de faire face seul à de nombreuses situations. Si les grandes entreprises disposent de services juridiques spécialisés, il n’en va pas de même pour les micro entreprises. Dans ce contexte, faire l’impasse sur une assurance en protection juridique n’est pas forcément un bon calcul pour l’institut de beauté : le coût mensuel d’une telle police peut paraitre peu élevé comparé au risque, qui lui se chiffre en milliers d’euros…

Nouveaux appareils à rayonnement (infrarouge, IPL etc)

La technicité du métier d’esthéticienne a considérablement évolué ces dernières années, une tendance vouée à se poursuivre avec l’arrivée d’équipement de plus en plus perfectionnés en matière d’anti-âge et de minceur. Ces équipements à visée esthétique, dérivés du secteur médical, peuvent poser des problèmes d’assurance. En effet, en cas de dommage aux personnes (les plus chers), ou même de vol ou de détérioration, la compagnie d’assurances risque bien de brandir la réglementation pour refuser toute indemnisation, arguant que le matériel n’entre pas dans le champs d’activité d’un institut. Ainsi, la dépilation à la lumière pulsée (IPL) ou  la lipolyse par rayonnement (lipo-cavitation, infrarouge etc) pourront être exclues des garanties, au motif qu’il s’agit d’actes médicaux interdits aux esthéticiennes. Pour anticiper d’éventuels soucis en cas de plainte ou de sinistre, les professionnelles de beauté qui utilisent ces nouveaux appareils à rayonnement disposent de deux solutions. La première consiste à louer le matériel à des fournisseurs qui ont négocié des assurances spécifiques pour leurs clients. Dans ce cas, l’esthéticienne paie une couverture supplémentaire incluse dans la mensualité de location. L’autre solution, notamment pour les instituts qui acquièrent ces appareils, est de demander une extension de garantie de leur assurance multirisques professionnels. Il est fortement recommandé, dans ce cas, d’exiger un avenant écrit qui mentionne précisément les prestations assurées.

Bon à savoir : si votre compagnie d’assurance refuse de couvrir une nouvelle prestation assurée par l’institut, vous êtes en droit de résilier votre contrat immédiatement.

Plafonds, franchises et exclusions

Pour finir, intéressons nous aux fameuses « petites lignes » des contrats… Celles qu’on ne lit jamais avant de souscrire une police d’assurances, mais qu’on découvre forcément en cas de sinistre… Trois points, au minimum, devraient attirer particulièrement votre attention :

  • Les plafonds, c’est à dire le montant maximum des garanties
  • Les franchises, c’est à dire le montant du sinistre qui reste à la charge de l’institut en cas de sinistre
  • Les cas d’exclusion, c’est à dire les circonstances dans lesquelles l’assurance ne fonctionnera pas

Parmi ceux-ci figurent les cas où des prescriptions légales n’ont pas été respectées. En effet, souscrire une assurance ne dispense pas la gérante d’un institut de respecter ses obligations, notamment en matière de sécurité. Si une infraction à ces obligations est constatée par la compagnie, l’assurance ne manquera pas de se retourner contre la gérante pour éviter de prendre en charge le sinistre, notamment si le montant de la facture est élevé… Par exemple, en cas d’incendie causé par un court-circuit, une enquête viendra établir si l’installation électrique était conforme et vérifiera la date du dernier contrôle… Par ailleurs, aucune assurance ne garantit le risque pénal qu’encourt une gérante qui aurait failli à ces obligations, notamment en cas de sinistre. Dans ce domaine, ni l’ignorance, ni la négligence, ni l’imprudence sont des excuses pour les tribunaux !

Bon à savoir : nul n’est censé ignorer la loi… Envie de tester vos connaissances sur les obligations légales qui incombent à l’institut de beauté ? Cet article peut également vous intéresser (lien). 

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