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Le bio, c’est quoi ?

Vos clientes n’hésitent plus à scanner les étiquettes sur leur smartphone pour vérifier l’innocuité des produits de beauté que vous vendez et vous posent énormément de questions. Elles sont de plus en plus attirées par la cosmétique bio – sans toujours différencier les appellations qui figurent sur les emballages. Pour l’esthéticienne qui souhaite développer une offre bio, maîtriser ces subtilités et savoir les expliquer à la clientèle est primordial.

Ce que vous devez savoir avant d’adopter la cosmétique bio à l’institut : nés d’initiatives privées, les premiers organismes de certification bio sont apparus au milieu des années 60. A cette époque en effet, il n’existe aucune norme officielle : plusieurs labels bio voient alors le jour en Europe, ayant chacun leurs propres exigences, labellisant des marques cosmétiques les respectant, et promouvant la qualité de leur appellation auprès du grand public. Ces labels (Cosmébio en France, BDIH en Allemagne, ICEA en Italie, Soil au Royaume Uni etc. ) peuvent avoir un référentiel légèrement différent en matière de production, de formulation et d’ingrédients « interdits », les rendant plus ou moins contraignants pour leurs adhérents. Il faut attendre 2017 pour que finalement, la règlementation Européenne harmonise le marché de la cosmétiques bio en introduisant un nouveau label obligatoire. Désormais, tous les produits estampillés « bio » vendus en Europe doivent respecter le référentiel Européen « Cosmos organic » : 

  • 95 % minimum des ingrédients doivent être d’origine naturelle (animale, végétale, minérale)
  • 95 % minimum des ingrédients végétaux utilisés doivent être bio
  • 20 % minimum d’ingrédients doivent être issus de l’agriculture bio (10 % pour les produits à rincer)
  • 0 % d’ingrédients de synthèse
  • 5 % d’ingrédients faisant partie d’une liste limitative (contenant par exemple certains conservateurs)
  • 100 % d’ingrédients bio dégradables

Par rapport à l’appellation Cosmébio qui prévaut en France, la nouvelle norme Européenne a introduit 3 changements  : l’interdiction des produits de synthèse, la nouvelle obligation de biodégradabilité et l’augmentation du pourcentage minimum d’ingrédients bio (qui passe de 10 à 20 %).  Les anciens labels ne disparaissent pas, mais désormais, le logo « COSMOS ORGANIC » doit être également apposé sur les produits cosmétiques bio.

Le savez-vous ? En France, l’association Cosmébio revendique plus de 2000 marques adhérentes et 45 000 produits certifiés.

Un marché en forte croissance…

La cosmétique bio est-elle vraiment porteuse pour l’institut ?

Ce que vous devez savoir avant d’adopter la cosmétique bio à l’institut : Avec un chiffre d’affaires d’environ 111 millions d’euros, la France est le troisième marché mondial de la cosmétique bio (derrière les États Unis et l’Allemagne). C’est surtout un marché en forte croissance : + 35 % en 2018 alors que les ventes dans l’hygiène beauté reculent d’environ 2 % (source : IRI).

Selon l’IFOP, 58 % des Français ont acheté au moins un produit cosmétique bio en 2018, un chiffre qui a doublé en moins de 10 ans.

…Mais une concurrence accrue

Avec sa croissance à deux chiffres, le bio fait pâlir d’envie la filière cosmétique traditionnelle. Ainsi en 2018 et 2019, les ventes de cosmétiques bio continuent de progresser dans la distribution sélective (Sephora, Nocibe, Marionaud etc), alors que la cosmétique classique régresse légèrement. Les grands groupes industriels de l’hygiène beauté et les marques de distributeurs investissent à leur tour la niche du bio et de nombreux produits déferlent dans les rayons de la grande distribution.

Ce que vous devez savoir avant d’adopter la cosmétique bio à l’institut : Pour les esthéticiennes qui optent pour le bio, la concurrence se diversifie et s’intensifie : les clients ont désormais accès à une offre de cosmétiques bio variée dans tous les canaux de distribution et peuvent pour la première fois accéder à des produits bio à prix économiques dans les grandes surfaces.

Vers une segmentation

Comme tout marché qui murit, le bio n’échappe pas à une nouvelle tendance : la segmentation de l’offre. C’est à dire, l’apparition de marques ayant d’autres revendications en plus du bio. Car avoir un label « bio » suffit de moins en moins pour se différencier : comme pour la cosmétique traditionnelle, l’institut qui propose du bio doit réfléchir à un positionnement plus « pointu ». 

Ce que vous devez savoir avant d’adopter la cosmétique bio à l’institut : Autrefois centrées sur la santé (composition des produits), les consommatrices beauté tendent aujourd’hui à s’intéresser à d’autres sujets de préoccupation, en tête desquels figurent le respect de l’environnement, mais aussi, dans une moindre mesure, la protection de la peau face aux agressions extérieures, le respect des animaux ou le partage équitable de la valeur ajoutée. Ainsi, trois niches émergent sur le marché du bio : la clean beauty, les produit éthiques et la cosmétique de protection.

Les tendances émergentes du bio

la « Clean Beauty »

Un produit cosmétique peut être « bio » mais peu respectueux de l’environnement : un paradoxe difficilement soutenable face à un consommateur de plus en plus sensibilisé aux menaces pesant sur la biodiversité et le climat. Régulièrement, les packagings excessifs, les échantillons et les contenants des produits de beauté sont pointés du doigt : non recyclables et/ou non recyclés, les cosmétiques représentent 3% des plastiques qui polluent les océans ! Alors que s’intensifient les préoccupations environnementales, la demande des consommatrices bio pour des marques « éco-responsables » gagne du terrain. Appelé « Clean Beauty » (beauté « propre »), ce mouvement revendique un marketing raisonnable et une réduction des déchets. Il répond aux nouvelles exigences d’une clientèle qui considère qu’être « bio » signifie aussi de privilégier des produits cosmétiques dans des contenants rechargeables, recyclables et moins polluants, en plastique végétal, polymère de cellulose ou à base de papier.

Les produits éthiques

Lanceurs d’alerte et scandales ultra médiatisés ont rendu le consommateur méfiant. Aussi, les marques revendiquant un positionnement éthique rencontrent un succès grandissant – pour autant qu’il ne s’agisse pas de simples valeurs de façade. Ainsi, on peut constater une nouvelle appétence pour les marques cosmétiques bio qui revendiquent une fabrication locale, une filière courte d’approvisionnement, une transparence honnête sur l’origine de leurs matières premières, et une rémunération juste des filières de production.

Autre tendance à succès dans l’éthique : la lutte anti-gaspi, qui gagne également la cosmétique. En témoigne le succès des marques de maquillage bio qui proposent des conditionnements rechargeables (Couleur Caramel, Zao Make up…) , ou des marques comme Clever Beauty qui revendiquent un packaging « intelligent » (la brosse anti-gaspi des vernis Clever Beauty permet « d’attraper » le vernis jusqu’au fond du flacon).

Parmi les nouveaux comportements d’achat sur le marché du bio, le rejet de la sur-exploitation du monde animal a aussi entrainé, par réaction, l’arrivée de la cosmétique bio et Vegan. La filière Vegan interdit l’utilisation de toute substance d’origine animale dans la composition d’un cosmétique, qu’elle ait entrainé la mort ou pas. Elle proscrit donc l’utilisation de composants très courants tels que le miel, le lait d’ânesse, la cire d’abeille, le collagène, la kératine, la lanoline etc. Un produit cosmétique bio et Vegan est un produit qui en plus de respecter la charte bio, est d’origine 100 % végétal ou minéral. Un positionnement de niche qui rencontre une clientèle croissante, à mesure que progresse la cause animale.

Bon à savoir : aucun produit cosmétique fabriqué selon les normes Européennes ne peut être testé sur les animaux (ce qui n’est pas le cas dans d’autres régions du monde où ces tests sont exigés, comme en Chine).

La cosmétique de protection

De nombreuses études largement diffusées dans la presse grand public dénoncent le rôle joué par différents facteurs comme la pollution atmosphérique, le soleil, l’hygiène de vie ou le stress dans le vieillissement prématuré de la peau. En réaction, la demande pour des produits bio et protecteurs explose. Une tendance qui devrait se confirmer dans les prochaines années : alors que 75 % de la population est désormais urbaine, les consommatrices recherchent de plus en plus une cosmétique bio protectrice et réparatrice qui atténuent les effets néfastes de leurs modes de vie.

Conclusion

Le marché de la cosmétique bio vit actuellement une phase de transition. Si la demande est à la hausse, l’arrivée massive de nouvelles lignes de produits en grande distribution et en distribution sélective oblige les marques professionnelles comme les instituts à se repositionner. Face à cette nouvelle concurrence de cosmétiques bio « pas chère », l’esthéticienne peut néanmoins se différencier en :

  • ayant un discours compétent face aux questions des client(e)s (labels, composition des produits etc.)
  • choisissant une marque engagée (certaines vont au-delà des labels) incluant une certaine transparence sur l’origine des matières premières et la fabrication
  • revendiquant la qualité professionnelle de ses soins (un produit de beauté bio est d’abord un produit de beauté, et il ne suffit pas d’être bio pour être efficace !)
  • en mettant en avant des valeurs engageantes (clean beauty, marque éthique, origine locale)

 

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