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Le digital a fait un bond en avant dans la filière esthétique

Le confinement a mis à l’arrêt notre filière esthétique et spa. Mais il n’a pas entamé notre besoin de communiquer, de partager des informations, et d’apprendre. Avec un effet inattendu : le digital a fait un bon en avant dans la filière esthétique. Simple effet de circonstance ou tendance lourde ?

Quand le digital s’impose dans le secteur esthétique

Depuis le début de la crise sanitaire, un immense élan de solidarité et d’échanges est né spontanément sur internet. Jamais on n’avait vu autant de discussions dans les groupes d’entraide d’esthéticiennes ou sur les forums spécialisés en ongles, cils ou pigmentation. Certaines initiatives digitales originales ont même vu le jour pour rapprocher des professionnels partageant les mêmes préoccupations, à l’instar du groupe de mise en relation entre marques et formatrices en stylisme ongulaire « Ici on forme » crée par Bewoman en mars, et qui compte déjà 4700 membres après quelques semaines d’existence.

La fermeture administrative a été vécue à juste titre comme une période particulièrement stressante par la profession. Alors que se succédaient les annonces gouvernementales, le digital s’est imposé comme le média privilégié pour accéder en direct aux informations du jour sur les décrets de fermeture et de réouverture, les aides et allègements de charges, les mesures sanitaires à appliquer pour accueillir les clientes, le chômage partiel, les fiches métier… Les sites d’informations en ligne ont alors battu des records d’audience.

Pour garder le contact avec la clientèle durant le confinement, le digital s’est également imposé comme le media privilégié. La plupart des instituts et spas se sont exclusivement appuyés sur les réseaux sociaux pour communiquer avec leurs clientes, découvrant (ou redécouvrant) la puissance de ces outils. Que ce soit pour montrer les transformations de leur établissement en vue de la réouverture, pour donner des conseils beauté aux clientes ou pour leur expliquer comment entretenir leurs ongles jusqu’au prochain remplissage, les esthéticiennes ont pris l’habitude de se filmer, de parler en live, de créer des stories. Beaucoup ont également profité de cette pause forcée dans leur vie professionnelle pour adopter le rendez-vous en ligne, mettre en place la vente de produits cosmétiques sur leur site, ou se former à mieux utiliser leur logiciel de caisse.

Finalement, la fameuse « transition digitale », qu’on annonce depuis plusieurs années, s’est effectuée en quelques semaines dans la profession ! … et elle ne s’est pas arrêtée aux instituts.

La formation a vécu une véritable révolution culturelle. En un temps record, les centres de formations et les écoles d’esthétique, qui se disaient bien souvent réfractaires au e-learning avant la crise sanitaire, ont développé une offre en ligne mêlant clips d’apprentissage, présentations théoriques en vidéo et sessions de visioconférence en direct. Et les esthéticiennes ont suivi ! Ces nouvelles formations sur internet, tout comme les lives animés sur Facebook par certains acteurs de la profession (comme estheticienne.pro), ont rencontré un énorme succès.

Cette évolution vers plus de digital va -t-elle s’arrêter avec la fin de la crise sanitaire ?… Pas si sûr.

L’évolution vers plus de digital désormais inéluctable ?

En matière de changement, les barrières psychologiques sont souvent beaucoup plus fortes que les obstacles techniques ou financiers. Dans les métiers de l’esthétique, la résistance au numérique a longtemps été forte. Doit-on rappeler qu’une (bonne) partie des instituts n’étaient pas informatisés jusqu’à ce que les logiciels de caisse normalisés deviennent obligatoires en 2018 ? Or, la conversion au digital réalisée à marche forcée durant la crise sanitaire a eu pour effet principal de démystifier l’usage des outils numériques – autrefois réservés à un petit nombre d’initiés. La mise sur « pause » des activités professionnelles habituelles a fait le reste car, pour la première fois, les esthéticiennes et praticiens du bien-être, qui travaillent souvent le nez sur le guidon, ont disposé de beaucoup de temps libre. Du temps qu’ils/elles ont mis à contribution pour apprendre et tester de nouveaux outils numériques…

De cette expérience de vie entre parenthèses, il restera donc des compétences nouvelles mais aussi de nouveaux réflexes qui ne vont pas disparaître – d’autant plus que la vie « d’avant » ne va pas revenir immédiatement.

En amont de la filière, les marques cosmétiques les plus dynamiques sont en quête, elles aussi, d’un nouveau mode de communication b to b intégrant plus de digital – comme par exemple des webinaires privés en visioconférence avec leur clientèle professionnelle. Ainsi, les relations entre les instituts et leurs fournisseurs sont en train d’évoluer. Si le digital ne remplace pas la chaleur du contact physique, il offre en revanche de véritables avantages. Organiser un webinaire avec un groupe d’esthéticiennes est beaucoup moins lourd et coûteux que tenter de visiter chacune d’entre elles, ce qui permet aux fournisseurs de multiplier les initiatives. En définitive, le digital renforce la présence de la marque en créant un esprit de communauté. Il répond également à un véritable besoin d’accompagnement des instituts et spas, en les aidant à monter en compétences sur l’animation du point de vente, les protocoles, le diagnostic beauté etc. Un formidable outil pour fédérer ces clients professionnels autour de la marque !

Le digital fait également un bond en avant du côté des salons, secteur sinistré par la crise sanitaire en 2020. Alors que les grands rassemblements comme les salons professionnels resteront encore de longs mois suspendus à l’évolution de la pandémie et soumis à des contraintes d’organisation strictes – si ce ne sont des annulations pures et simples – de nouvelles initiatives voient le jour. Ainsi en va-t-il du premier salon virtuel de l’esthétique co-organisé par ALTHEA, organisateur du salon Beauty Prof’s et le magasine digital Profession bien Etre.

Pour la toute première fois, marques, centres de formation, experts et professionnelles de l’esthétique pourront échanger sur une plateforme virtuelle (e-beautyexpo.com), en ligne et en direct, sans avoir à se déplacer. Ainsi est né un nouveau concept de salon esthétique « en live ». Ce nouveau format digital innovant va aplanir les contraintes classiques (éloignement, coût, disponibilité familiale restreinte…) qui découragent certaines professionnelles de la beauté et du soin de participer aux événements professionnels : une initiative qui démocratise l’accès aux fournisseurs et aux experts pour une large part de la profession, tout en procurant une expérience de visite totalement inédite. Reposant sur l’intelligence artificielle, la plateforme mettra en relation exposants et visiteurs sur la base de leurs profils : un gain d’efficacité (et de temps) considérable pour les visiteurs, qui accéderont directement à ce qu’ils ont envie de voir !

A constater les réactions sur les réseaux sociaux, on mesure le chemin parcouru dans l’usage de ces nouveaux outils qui n’effraient plus les esthéticiennes.  « sympa l’idée du salon virtuel » commente Rose Poudré. « Ha c’est top » dit Nathy Nails. « C’est trop bien » renchérit Nails Beauty by Fanny. Quant aux exposants, confrontés également à une période économique difficile, ils y voient l’opportunité de toucher une cible nationale en préservant leurs équipes et leurs budgets.

Le progrès n’arrive jamais d’un seul coup – sauf parfois. En bouleversant nos vies, la pandémie a eu pour effet d’accélérer l’usage du digital dans la filière esthétique, pourtant peu touchée par le télétravail. En quelques semaines, l’usage d’internet et des technologies numériques est devenu une réalité. Une réalité qui modifie la façon de communiquer, de se former, de trouver des fournisseurs et même de faire des affaires. Un bouleversement très profond pour toute la filière beauté !

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