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Serait-on en train d’assister en France à la naissance d’une « cryo-mania » ? Au vu de l’actualité récente, on pourrait être tenté de le croire. Star des podiums minceur au Congrès des Nouvelles esthétiques 2017, l’amincissement par le froid fait aussi l’objet de nombreux articles dans la presse magasine féminine. Et Dimanche 8 avril, c’est un reportage entier dans l’émission Capital de M6 qui était consacré à cette nouveauté tout droit importée des US. Alors que de nombreuses esthéticiennes s’interrogent sur l’opportunité de cette technique, une franchise d’instituts spécialisés, « institut Cryo », se développe en flèche en exploitant ce nouveau concept. Vous n’êtes pas allée au Congrès des Nouvelles Esthétiques cette année ? Toujours à l’affût des nouvelles tendances, estheticienne.pro a enquêté pour vous et vous propose une petite séance de rattrapage dans cet article : Vrai ou faux, tout ce qu’il faut savoir sur la cryothérapie (et la cryolipolyse) en 10 points.

FAUX : cryothérapie et cryolipolyse, c’est pareil

« Cryolipolyse » est un terme utilisé dans le milieu médical. Il fait référence à la marque américaine Zeltiq qui l’inventa, en lançant l’amincissement par le froid avec son appareil « Cool Sculpting ». La vente du Cool Sculpting est strictement réservée aux médecins. Ne soyez pas trop triste : le coût d’acquisition de cette merveilleuse machine, de l’ordre de 100 000 euros, dissuaderait n’importe quel centre de beauté de s’équiper !.. Tout a commencé il y a quelques années, lorsque Zeltiq a eu la bonne idée de racheter un brevet déposé par des chercheurs de l’université de Harvard. La start-up est aujourd’hui devenue une multinationale qui réalise 330 millions de chiffre d’affaires dans le monde. Les appareils d’amincissement par le froid commercialisés aux instituts de beauté sont dérivés de la technologie Zeltiq. En revanche, leur capacité réfrigérante bridée, ainsi que leur force d’aspiration du pli cutané plus réduite, ont été réglées de manière à limiter les risques d’effets indésirables (brûlures ou lésions). C’est pourquoi on parle plutôt pour l’institut de beauté de « cryothérapie ». Moins puissante, la cryothérapie exige logiquement plus de séances. Alors qu’une seule séance de cryolipolyse à -12 degrés en cabinet médical suffira pour atteindre la réduction souhaitée, il faudra effectuer 3 séances à -4 degrés en institut pour un résultat similaire.

VRAI : la cryothérapie utilise un processus biologique naturel

Les chercheurs de Harvard avaient eu la bonne idée de remarquer que les cellules de graisse sont sensibles aux basses températures. En fait, le froid a la propriété de disloquer leurs parois, provoquant une mort programmée de la cellule. S’ensuit un processus progressif de « vidage » de l’intérieur de la cellule, constitué de graisse, vers les voies naturelles (lymphe). Chaque jour, en fait, des cellules meurent déjà naturellement de cette façon dans notre corps. Mais l’intérêt de la cryothérapie est de provoquer instantanément la mort d’un très grand nombre de cellules, provoquant une réduction visible de la zone traitée. Bon à savoir : pour accompagner le processus naturel d’élimination, il est primordial d’aider le corps en buvant deux à trois litres d’eau par jour dans les 3 semaines qui suivent.

FAUX : l’amincissement par le froid remplace un régime

L’amincissement par le froid ne remplace en aucun cas un régime, car la cryothérapie est très localisée. Si les pièces à mains varient selon les appareils, elles ne permettent jamais de traiter une zone beaucoup plus grande qu’une feuille A4 dans une même séance. En fait, la cryothérapie n’a pas été conçue pour les personnes qui souhaitent globalement perdre du poids, encore moins pour les personnes souffrant d’obésité. Mais plutôt pour traiter les zones qui sont justement rebelles à tout régime, comme les poignées d’amour ou les amas graisseux sur les cuisses, le ventre, les bras… En ce sens, on peut comparer la cryothérapie a une liposuccion, mais non invasive, sans aiguille ni canule barbare… C’est aussi une technique qui va merveilleusement compléter un régime, pour aider à faire fondre les amas adipeux localisés qui perdurent alors que la perte de poids est effective.

VRAI : la perte de centimètres est immédiate

Lors d’une cryothérapie d’une heure, environ 25 % des cellules de la zone traitée sont immédiatement détruites, ce qui permet d’observer un résultat assez impressionnant dès la fin de la première séance. Évidemment, chaque personne va réagir différemment en fonction de son métabolisme. Sur le salon des Nouvelles Esthétiques, les démonstrations que j’ai pu observer permettaient de gagner en moyenne entre 1 et 4 centimètres. La plupart des modèles repartaient ravies !! Par ailleurs, la graisse étant moins « hormono-dépendante » que la cellulite, on peut considérer que toute réduction de nos disgracieux bourrelets est définitive…tant qu’on ne reprend pas de poids évidemment…

FAUX : la cryothérapie est une technique de remodelage du corps (« shaping » ou « sculpting » en anglais)

Hélas, même si le terme « Cool sculpting » signifie bien littéralement « remodelage par le froid », il ne faut pas attendre de la cryothérapie un quelconque gain de ce côté là. C’est même tout le contraire qui risque d’arriver : les amas graisseux « vidés », la peau peut montrer un aspect distendu peu gratifiant, en particulier si la personne traitée présente une peau atone. Un cas qui s’observe fréquemment suite à une perte de poids importante, ou après 40 ans… Pour rendre un corps de rêve à vos client(e), vous devrez donc associer à votre traitement par le froid d’autres techniques, et notamment travailler sur le raffermissement. Notez que certains appareils conjuguent cryothérapie et électro-stimulation pour un maximum d’efficacité (ils sont aussi plus onéreux…).

VRAI : la cryothérapie est plus rentable que le palper rouler

Le coût d’un appareil de cryothérapie, de 16 000  à 20 000 euros, peut se comparer au prix d’un matériel de palper rouler. En revanche, une séance de cryothérapie se facture minimum le double du prix d’une séance de palper rouler (entre 100 et 150 euros). Un écart qui se renforce avec la guerre des prix sur le palper rouler qui tire les prix à la baisse dans les instituts. Le palper rouler est un produit « mature », le taux d’équipement des instituts est élevé, par conséquent une concurrence féroce fait rage. La cryothérapie est au contraire une prestation « premium », encore rare sur le marché, auréolée d’une image « médicale » à la pointe de l’innovation. La cliente accepte donc plus facilement de payer un prix plus élevé (et étalé dans le temps). D’ailleurs, au final, une cure de 3 soins de cryothérapie lui reviendra moins cher qu’une cure de 10 à 12 séances de palper rouler… Pour l’esthéticienne, la rentabilité d’un appareil de cryothérapie est en revanche deux fois plus élevée, en moyenne, que celle d’un palper rouler, un point qui devrait inciter à la réflexion, d’autant plus que la cryothérapie est une prestation « mains libres ». Une fois votre machine réglée, vous pouvez laisser votre cliente se détendre durant une heure et vaquer ailleurs à vos occupations… C’est « le » point fort majeur en faveur de la cryothérapie. Est-il besoin de rappeler qu’en France, ce qui plombe la rentabilité d’un institut, c’est le coût de la main d’œuvre incluant les charges ? Quant à celles qui travaillent seules, exploiter un appareil de cryothérapie constitue un excellent moyen d’optimiser leur temps de travail à l’institut.

FAUX : la cryothérapie s’adresse à tout le monde

La cryothérapie présente quelques contre-indications peu nombreuses; notamment en cas d’intolérance pathologique au froid comme le syndrome de Raynaud (trouble de la circulation affectant les extrémités comme les doigts, les orteils…), de hernies, de peau lésée ou de chirurgie récente sur la zone à traiter, et pour finir, en cas de grossesse ou d’allaitement. Elle est également déconseillée aux personnes souffrant d’obésité ou équipées d’un pace-maker.

VRAI : la cryothérapie n’est pas une prestation réservée au corps médical

Effectivement, en France, la législation n’interdit pas aux esthéticiennes de pratiquer l’amincissement par le froid. Cependant, ces techniques très innovantes ont pris de court le législateur en envahissant le marché, et il est fort à parier que de nouvelles dispositions réglementaires viennent prochainement encadrer les pratiques qui se sont mises en place. Le dernier rapport de l’ANSES (Agence de sécurité sanitaire) du 21 mars 2017, qui était consacré aux nouveaux appareils à visée esthétique dérivés du secteur médical, donne un aperçu de ce qui pourrait advenir prochainement. Bonne nouvelle : l’ANSES ne préconise pas de revenir sur la législation en réservant la cryothérapie au secteur médical. En revanche, le rapport préconise la mise en place d’une formation complémentaire qui deviendrait obligatoire et viserait notamment à s’assurer que toute « cryo-praticienne » soit parfaitement sensibilisée aux effets indésirables et contre-indications éventuelles.

FAUX : la cryothérapie permet un amincissement rapide

Même si une réduction très visible peut s’observer dès la première expérience de cryothérapie, il faut en général 3 séances sur une même zone pour parvenir au résultat souhaité, soit entre 2 et 3 mois de traitement au total. Car le processus naturel de vidage des cellules est lent, autour de 3 semaines. Il convient donc d’espacer d’autant les séances : pas question d’enchainer une cure sur 6 semaines comme avec du palper rouler… Pour autant, ce temps peut être mis à profit pour suivre la cliente avec un véritable « coaching minceur ». Une façon d’en terminer avec cette idée de la baguette magique, qui souvent donne des résultats éphémères et finalement décevants. Le rôle de l’esthéticienne est justement de faire de la pédagogie auprès de ses clientes pour leur faire comprendre que la reconquête d’un corps en surpoids prend du temps : ce temps est nécessaire pour que le corps « absorbe » cette violence qui lui est faite, mais aussi pour mettre en place de nouvelles habitudes de vie plus saines qui permettront d’éviter les désastreux effets de « yoyo ». La cryothérapie, en utilisant les mécanismes naturels d’élimination du corps, mise sur le moyen terme. Mais il n’est pas interdit, dans l’intervalle de deux séances, d’effectuer un suivi personnalisé, en alternant notamment des techniques de raffermissement. C’est ainsi que travaille la franchise « institut Cryo », qui met en avant une approche globale incluant le coaching mensuel de la cliente.

VRAI : la cryothérapie n’est pas douloureuse

Celles qui connaissent le palper rouler savent que le pincé du pli de cellulite est généralement douloureux… En revanche, la cryothérapie est quasiment indolore, si on excepte une sensation de froid localisée (très supportable) et une aspiration de la peau qui peut être légèrement inconfortable au démarrage. Globalement, donc, pas de séance de torture… La cliente est allongée, les pièces à mains de l’appareil sanglées sur les zones à traiter, et peut sans inconfort majeur pianoter sur sa tablette, lire ou se reposer en musique. Un point important dans la mesure où la séance dure globalement une heure… C’est aussi un point fort pour fidéliser vos clientes sur cette prestation.

Vous pratiquez la cryothérapie à l’institut ? Apportez votre témoignage dans la rubrique commentaire ci-dessous, ou bien directement sur le compte Facebook d’esthéticienne.pro. Et si vous voyez d’autres points « vrais ou faux » à aborder, j’y attends aussi tous vos retours et toutes vos questions !

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