salaire estheticienne en 2016

Vous travaillez en institut ? Les différents éléments qui composent votre salaire sont fixés par la Convention collective de l’Esthétique et de la Parfumerie du 24 juin 2011 (numéro 3032), qui définit la rémunération brute minimum à laquelle vous pouvez prétendre selon votre statut, votre niveau de qualification et votre ancienneté. Avec la revalorisation du smic au 1 er janvier 2020, certains salaires conventionnels, qui ont été modifiés pour la dernière fois en 2019 se retrouvent désormais en deçà du minimum légal. Comment doit-on calculer le salaire d’une esthéticienne en 2020 ? Dans l’attente d’une mise à jour de la grille esthétique, c’est le Smic qui s’applique pour toutes les esthéticiennes salariées ayant un coefficient de 130 à 180, tandis que les autres éléments de rémunération ne changent pas. Explications dans cet article.

Quelle rémunération en institut de beauté ?

Autant le dire d’emblée : on ne devient pas esthéticienne pour le salaire. Ainsi, la rémunération d’une employée en institut est proche du niveau du Smic jusqu’au coefficient 180, ce qui correspond par exemple à une esthéticienne ayant un niveau BTS avec deux ans d’expérience ou un BP avec 5 ans d’expérience. Pour autant, les rémunérations brutes définies par la Convention de l’Esthétique ne sont que des « minimums légaux », et aucune loi n’empêche de rémunérer davantage une esthéticienne, notamment sous forme de primes liées à ses résultats. Cependant, la grille conventionnelle que vous allez découvrir ci-dessous sert généralement à la rédaction des contrats de travail. Peu de chance, donc, dans les faits, d’être rémunérée à un taux horaire supérieur au minimum obligatoire…

Les évolutions de salaire d’une esthéticienne, au cours d’une carrière, proviennent donc :

  • de l’ancienneté, qui impacte le coefficient et donc le niveau de salaire, mais déclenche aussi les primes d’ancienneté
  • du passage d’un nouveau diplôme en cours de carrière, reconnu par une mise à niveau du coefficient et donc du salaire
  • d’une évolution vers un poste d’encadrement d’équipe (manager)
  • d’éventuelles primes de résultat (prime de vente par exemple)
  • d’éventuels éléments complémentaires

Regardons tout cela de plus près…

Connaître votre coefficient fixé par la Convention Collective Esthétique

Première étape, connaitre votre coefficient : c’est lui qui définit votre taux horaire minimum brut ! Lié à votre qualification, il est régi par la Convention Collective esthétique, qui se base d’une part sur votre diplôme, et d’autre part sur votre expérience professionnelle. Elle détermine ainsi un coefficient compris entre 135 et 300, qui doit obligatoirement figurer sur votre bulletin de salaire.

Ne pas confondre salaire et rémunération minimum

La rémunération minimum d’une esthéticienne peut comprendre plusieurs éléments : le salaire brut pour 151.67 heures travaillées (soit 35 heures par semaine), mais aussi d’éventuelles primes (notamment, des primes liées aux résultat). En revanche, les heures supplémentaires et la prime d’ancienneté ne sont pas comptabilisées dans la rémunération brute minimum. Elles sont des éléments supplémentaires par rapport au salaire minimum conventionnel que vous trouverez dans le tableau ci-dessous.

La dernière évolution concernant les niveaux de salaires date de l’avenant du 1 er Mars 2019 à la convention collective esthétique.

La grille des salaires comprend donc actuellement 9 paliers de rémunération, entre 1516 et 3308 euros bruts, suivant la progression suivante :

Coefficient Rémunération brute minimum (*)
135 1516 € 
150 1523 €
160 1531 €
175 1538 €
180 1556 €
200 1626 €
230 1695 €
250 1899 €
300 3308 €

(*) pour une durée de 35 heures par semaine, hors prime d’ancienneté et heures supplémentaires.

Avec la dernière revalorisation du SMIC intervenue le 1 janvier 2020, le salaire légal minimum en France passe à 1539.42 € brut par mois (pour une durée de travail de 35 heures par semaine). Par conséquent, toutes les esthéticiennes ayant un coefficient inférieur ou égal à 180 doivent au minimum recevoir un salaire brut de 10.15 euros par heure travaillée, soit 1539.42 euros bruts mensuels pour une durée de travail hebdomadaire de 35 heures.

Coefficient Rémunération brute minimum (*)
 135 1539.42
 150  1539.42
 160 1539.42 
 175  1539.42
 180  1556 €
 200 1626 €
 230 1695 €
 250 1899 €
 300  3308 €

La prime d’ancienneté

Sur les fiches de paie, la prime d’ancienneté doit figurer sur une ligne à part du salaire brut de base. Versée automatiquement à compter de 3 ans de travail passés dans le même institut, elle s’élève de 38 à 200 euros bruts suivant l’ancienneté de l’esthéticienne :

  • 38 € après 3 ans d’ancienneté
  • 69 € après 6 ans d’ancienneté
  • 105 € après 9 ans d’ancienneté
  • 137 € après 12 ans d’ancienneté
  • 173 € après 15 ans d’ancienneté
  • 200 € après 25 ans d’ancienneté

Bon à savoir : pour les contrats à temps partiel, la prime d’ancienneté se calcule au prorata, en appliquant le coefficient suivant : temps de travail par semaine / 35 x prime d’ancienneté (par exemple, pour un contrat de 24 heures par semaine et 3 ans révolus, la prime d’ancienneté est de 24/35 *38 € soit 26.06 euros bruts)

La rémunération des heures supplémentaires

Lorsqu’elles ne sont pas rattrapées, les heures supplémentaires sont rémunérées à taux majoré, de +25% à +50 % suivant le volume d’heures de travail effectuées. Concrètement, si votre taux horaire est de 10.15 € (coefficient 130 à 180, votre taux majoré s’obtient ainsi : 10.15 x 1.25 (taux majoré +25%) ou 10.15 x 1.50 (taux majoré +50%). Bonne nouvelle pour les salariées de l’esthétique : en 2020, ces heures supplémentaires ne sont soumises à aucune charge salariale et ne sont pas imposables  jusqu’à 5358 euros non plus.

Pour en savoir plus sur la rémunération des heures supplémentaires, nous vous conseillons cet autre article : « 12 points à retenir de la Convention Collective Esthétique« .

Les avantages complémentaires : à ne pas négliger

Les instituts qui emploient des salariés sont généralement des « TPE » (Très Petites Entreprises) : peu de chance, si vous travaillez dans ce secteur, de trouver un comité d’entreprise… En terme d’avantages complémentaires au salaire, est-ce à dire qu’il n’y a rien à espérer, en dehors de la complémentaire santé (la fameuse « mutuelle »), devenue obligatoire depuis le 1 janvier 2016 ? Pas tout à fait. En effet, il existe différents compléments de rémunération, souvent méconnus, mais qui peuvent avantageusement être utilisés au bénéfice des employés…et des employeurs !

Petit tour d’horizon de ces avantages exonérés de charges sociales que l’entreprise peut déduire de son bénéfice imposable et qui n’entrent pas dans le revenu imposable des salariés :

  • la prime de repas : il s’agit d’une indemnisation versée à un salarié tenu de prendre ses repas sur place pour des questions d’organisation. C’est souvent le cas en institut, où on fait « journée continue » et où il n’est pas rare de manger entre deux clientes, sans heure fixe ! A savoir : cette prime est de 6.40 € maximum par repas. A raison de 22 jours travaillés environ par mois, cela représente donc une prime pouvant aller jusqu’à 138.60 € mensuels.
  • les frais kilométriques : il servent à indemniser un salarié devant se déplacer avec son véhicule personnel pour les besoins de l’entreprise. Vous effectuez des allers et retours à la banque (remises, monnaie à prendre…), à la poste, des courses chez le grossiste ou au supermarché (produits d’entretien, café…) ?… Ces petits déplacements dans le cadre du travail occasionnent des frais remboursés au salarié par l’entreprise en suivant le barème légal de l’administration et sous réserve de remplir une fiche signée du salarié avec la date, le motif du déplacement et le nombre de kilomètres effectués dans le mois.
  • le chèque-cadeau ou bon d’achat pour « événement » jusqu’à 169 euros par événement en 2019. Achetés auprès d’une société de chèques cadeaux, ces bons peuvent être distribués nominativement à l’occasion de chacun des évènements officiels suivants  : Noël du salarié, Noël d’un enfant du salarié (jusqu’à 16 ans), fête des mères et des pères, rentrée scolaire (enfant jusqu’à 26 ans), naissance d’un enfant, mariage, Sainte Catherine (femme célibataire de + 25 ans)… Il est donc possible pour un salarié de cumuler plusieurs chèques cadeaux de 169 euros maximum chacun, pour des événements différents. Bon à savoir : il est également possible de bénéficier d’un seul chèque-cadeau allant jusqu’à 169 euros au total, en une seule fois, pour un événement en dehors de cette liste (pas de cumul possible avec d’autres occasions même « officielles »).
  • les chèques-vacances : achetés par l’entreprise, ils se présentent sous forme de « coupons » de montants variables (à partir de 20 euros), valables 2 ans et utilisables directement auprès des prestataires qui l’acceptent pour financer titres de transport, hébergement, musées, parcs d’attraction etc. Avantage : le chèque-vacances est financé au minimum à hauteur de 80 % par l’entreprise (90 % si 2 enfants à charge), et concerne tout le monde dans l’entreprise, salarié(s), gérant et même auto-entrepreneur. L’entreprise ne paie aucune cotisation sociale sur l’achat de ces chèques jusqu’à 456 € par an et par personne en 2019 (*).

(*) 30 % du Smic

La rémunération des employées en alternanace

Deux contrats en alternance permettent de devenir esthéticienne ou de passer un certificat de qualification professionnelle avec des périodes de formation et des périodes de travail en institut : le contrat de professionnalisation et le contrat d’apprentissage. En matière de rémunération, ces deux contrats sont soumis à des critères différents mais dépendent étroitement du SMIC qui sert de base de calcul. Voici les montants en vigueur en 2019 après revalorisation du salaire minimum en janvier.

Rémunérations en contrat de professionnalisation

La rémunération, fixée par la Convention Collective, se calcule en pourcentage du SMIC. Elle dépend de l’âge et du diplôme déjà obtenu par l’esthéticienne.

Pour une esthéticienne non titulaire du bac Pro ou équivalent :

  • 55 % du SMIC pour une employée de 16 à 20 ans, soit 846.68 euros
  • 70 % du SMIC pour une employée de 21 à 25 ans, soit 1077.59 euros
  • SMIC pour une employée à partir de 26 ans révolus

Pour une esthéticienne titulaire du bac Pro esthétique (ou équivalent) :

  • 65 % du SMIC pour une employée de 16 à 20 ans, soit 1000.62 euros
  • 80 % du SMIC pour une employée de 21 à 25 ans, soit 1231.54 euros
  • SMIC pour une employée à partir de 26 ans révolus

Bon à savoir : le bac général n’est pas pris en compte

Rémunérations en contrat d’apprentissage

Pour celles qui sont en apprentissage, la rémunération évolue chaque année au cours de la période d’alternance. Elle ne dépend que de l’âge de l’apprentie :

En première année d’apprentissage :

  • apprentie mineure : 27 % du SMIC soit 415.64
  • apprentie âgée de 18 à 20 ans : 43 % du SMIC soit 661.95
  • apprentie âgée de 21 à 25 ans : 53 % du SMIC soit 815.89
  • apprentie âgée de 26 ans et plus : SMIC

En seconde année d’apprentissage :

  • apprentie mineure : 39 % du SMIC soit 600.37
  • apprentie âgée de 18 à 20 ans : 51 % du SMIC soit 785.10
  • apprentie âgée de 21 à 25 ans : 61 % du SMIC soit 939.05
  • apprentie âgée de 26 ans et plus : SMIC

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