reouverture 11 mai

Ce que l’on sait du déconfinement des instituts le 11 mai

L’allocution du Premier Ministre était très attendue. Elle annonce une bonne nouvelle pour la filière beauté totalement à l’arrêt depuis le 16 mars : les prestations esthétiques, en institut ou à domicile, ne font pas partie des activités qui resteront interdites au delà du 11 mai. La reprise tant attendue est donc autorisée dans les instituts, sauf évolution défavorable de la situation sanitaire dans les 10 prochains jours. Pour autant, la crise sanitaire n’est pas terminée : notre profession va devoir vivre avec le virus durant de longs mois, et il reste à ce jour certaines inconnues. C’est pourquoi vous n’aurez sûrement pas les réponses à toutes vos questions dans cet article. La sortie du confinement pose une multitude de questions complexes qui obligent ministères et branches à travailler au pas de charge, en particulier pour des métiers exposés comme l’esthétique où toute distanciation sociale est impossible. Alors que le compte à rebours est lancé jusqu’au 11 mai, cette incertitude suscite beaucoup d’impatience (et c’est bien légitime). Voici en résumé ce que l’on sait au 30 avril et ce qui reste à définir – n’hésitez pas à revenir régulièrement sur ce fil d’actualité qui sera mis à jour au fur et à mesure.

Le cadre général du déconfinement

Si la vie « d’avant » ne va pas reprendre tout de suite, les conditions de vie vont s’assouplir. Le cadre général du déconfinement, présenté le 28 avril par le Premier Ministre, pose en principe la reprise du travail (avec application des mesures barrières), la réouverture de tous les commerces (sauf bars, restaurants, cinémas, théâtres et grands musées) et le retour à la libre circulation sans attestation (dans un rayon toutefois limité à 100 Kms autour du domicile, sauf motif « impérieux » d’ordre professionnel ou familial). Pour éviter un redémarrage rapide de l’épidémie, plusieurs mesures ont été annoncées. Le télétravail devra être favorisé dans les entreprises, des restrictions seront appliquées au cas par cas dans les transports publics, et les regroupements au-delà de 10 personnes restent interdits pour l’instant, tandis que les grands évènements rassemblant du public (salons, festivals, spectacles etc, accueillant plus de 5000 personnes) sont déjà repoussés à l’automne. Pour la même raison, les très grands centres commerciaux (au delà de 40 000 M2) ne pourront ré-ouvrir que sur décision préfectorale. Environ une centaine de méga complexes sont concernés en France.

 Une France à plusieurs vitesses…

Selon votre lieu d’exercice, les conditions dans lesquelles va se faire la réouverture pourraient bien varier. En effet, la sortie de confinement ne se fera pas de la même façon sur tout le territoire national. Pour la première fois, la France rompt avec son sacrosaint principe d’égalité pour s’adapter de façon pragmatique aux réalités du terrain. Ainsi, des mesures plus ou moins strictes s’appliqueront département par département suivant l’évolution des conditions sanitaires (nombre de malades Covid 19, lits d’hospitalisation disponibles) et de l’approvisionnement local en tests. A cet effet, de larges pouvoirs vont être délégués aux préfets et aux maires pour organiser la vie des citoyens et des entreprises dans les prochaines semaines. Concrètement, il faudra attendre le 7 mai pour savoir si vous exercez dans un département « vert » (mesures générales applicables) ou « rouge » (restrictions particulières en vigueur). A titre indicatif, en fonction des indicateurs cités, les départements les plus touchés fin avril en terme de malades et de mortalité se concentreraient en Ile de France (Paris, Les Hauts de Seine, Val de Marne, Seine Saint Denis), dans les Bouches du Rhône, le Haut et Bas Rhin, la Moselle, le Val d’Oise, et le Rhône.

Ce que l’on sait : les règles de vie, de travail, de déplacement, et d’ouverture de certains lieux seront différenciées département par département. Cependant, la CNAIB précise que les instituts seront autorisés à ouvrir sur tout le territoire y compris dans les zones faisant l’objet de restrictions.

Ce que l’on ne sait pas : rien n’a été précisément dit sur la nature exacte des restrictions qui pourraient s’appliquer aux départements « rouges », qui pourraient éventuellement compliquer l’environnement de travail de certains instituts.

La question épineuse des masques

Des critiques grandissantes sont nées récemment au sujet du manque de masques et du revirement récent de la position officielle sur la recommandation d’en porter dans l’espace public. En réponse, le Premier Ministre n’a pas manqué de souligner, dans son discours, que les préconisations des autorités médicales avaient évolué avec la connaissance de la maladie, obligeant le gouvernement à revoir également sa position. Pour autant, les masques ne seront pas obligatoires dans l’espace public après le déconfinement, sauf dans les transports, les taxis, les VTC et dans le cadre scolaire (selon l’âge). Ils pourront en revanche être exigés au cas par cas pour rentrer dans les magasins. Ce qui signifie que chaque commerçant sera libre d’édicter sa politique d’accès. Pour ce qui concerne l’esthétique, la proximité avec les clients rend impossible toute distanciation sociale. Aussi, la question du port d’un masque pour le/la client(e) et le/la professionnel(le) ne se pose pas, il va de soi – il est d’ailleurs déjà pratiqué pour de nombreuses prestations en temps normal. En revanche, la disponibilité de cet élément de protection essentiel à la reprise de l’activité est source d’inquiétude dans la profession.

Ce que l’on sait : vendus dans certains supermarchés dès la semaine prochaine, les masques grand public devraient être disponibles dans toutes les grandes enseignes à partir du 11 mai. Les masques FFP2 restent réservés au secteur médical. Selon les annonces du gouvernement, les masques jetables en papier seront vendus à prix coûtant tandis que les masques lavables réutilisables coûteraient entre 2 et 3 euros. Pour les PME/TPE, il sera également possible de commander des masques à compter du 1 er mai sur une plateforme de e-commerce gérée par la Poste (Siret obligatoire). Enfin, certaines Chambres de Métier se sont organisées pour proposer des masques aux artisans (certaines professionnelles ont d’ores et déjà reçu un mail d’information à ce sujet).

Ce que l’on ne sait pas : les risques professionnels accrus dans le métiers de l’esthétique devraient logiquement imposer un équipement de protection renforcé (lunettes, sur blouse, gants, etc). La liste exacte n’est pas encore connue.

Les conditions de la reprise pour le secteur esthétique

La réouverture a un prix : l’exercice du métier va changer, il sera encadré légalement par de nouveaux protocoles qui vont changer pour de longs mois la façon de travailler. En effet, les professionnels de l’esthétique devront exercer en respectant des fiches conseils éditées par le Ministère du Travail, sur proposition de la branche. Ces feuilles de route existent dans tous les métiers : secteur par secteur d’activités, le gouvernement s’emploie à éditer des mesures barrières adaptées, des protocoles de bonne pratique du métier, des règles particulières d’accueil du public, et des procédures d’hygiène concernant les locaux et le matériel professionnel. Enfin, des dispositions précises vont encadrer la protection des salarié(e)s au travail, y compris dans les temps de pauses et de repas, l’arrivée et le départ. Ces règles s’imposeront aux gérant(e)s qui emploient salarié(e)s et apprenti(e)s et engageront leur responsabilité en cas de manquement.

Élaborer un cahier des charges complet pour l’esthétique demande de prendre en compte plusieurs variables : l’étendue importante des prestations à examiner (soins visage et corps, manucure, dermo pigmentation, ongles etc), les différents métiers représentés par la branche, et les différents lieux de travail possibles (local commercial, service au domicile de la clientèle). Avec le casse tête de la proximité constante client(e) – professionnel(le), mais l’atout de pouvoir s’appuyer sur des règles d’hygiène très strictes déjà en vigueur dans les instituts.

Ce que l’on sait : La CNAIB a déposé un cahier des charges actuellement à l’étude auprès du Ministère, qui devrait être publié sur internet (site du Ministère du Travail) en début de semaine prochaine ( plus de 60 documents sont en cours d’élaboration, dont la moitié seulement sont déjà disponibles).

Ce que l’on ne sait pas : à ce stade, de nombreuses questions restent en suspens… Toutes les prestations seront-elles autorisées ? Quels équipements de protection seront obligatoires ? Comment l’accueil de la clientèle s’organisera t-il ?

Cet article laisse quelques questions en suspens… mais nous sommes dans une phase transitoire et nous aurons prochainement plus de certitudes sur les dispositions à appliquer pour exercer en toute quiétude à la réouverture. Notre conseil : suivez les Suivez l’article « L’actualité en bref » (sur la page d’accueil du site) pour continuer à recevoir toutes les infos à jour 😉

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